Suggestion of the day

En parlant d’amour…

Kevin Ayers a tout du demi-dieu. Un univers, un charisme, un timbre
obsédant, un sens absolument inné de la chanson, des albums
fabuleux et bien sûr une reconnaissance populaire éternelle. Pardon?
Ça non? Attendez, non, on me signale que non..

Démarrée avec Soft Machine, la carrière de Kevin Ayers est pavée
de ritournelles diaboliquement exquises, qu’il prend souvent soin
de chiffonner un peu. Histoire qu’on les mérite en grattant bien,
allez savoir… « Joy As a Toy », « Shooting At The Moon » et « Whathevershebringswesing » sont d’indéboulonnables bijoux. Mais « Bananamour » est, comment dire, juste magistral(ement à mon goût).

« Don’t Let It Get You Down » qui ouvre le bal semble issue d’une
session oubliée de « Sgt. Pepper », « When Your Parents Go To Sleep »
est le meilleur exemple d’une blue-eyed soul acidulée (si cela avait
été inventé), la berçante « Hymn » est partagée avec Robert Wyatt
et « Decadence » est le prototype de tout ce que Spacemen 3 fera
lanciner des décennies plus tard.

Tout carillonne, pétille, submerge…
« Oh. Wot A Dream »…

M.


Kevin AYERS
« Bananamour »

Suggestion of the day

A force de parler de guerre, il fallait bien que ça arrive:
Un disque tout entier dédié à la paix et l’amour…

Ras Michael est un vrai rastafari. Né, grandi et éduqué dans la foi
de Jah et au rythme des vibes de Zion. Son groupe, les Sons Of Negus,
est reconnu pour ses tambours et ses chants rituels Nyabinghi, l’un
des piliers de la culture rasta. Une ode percussive et chaloupée à
la tradition et aux racines africaines.

Sa longue discographie s’amorcera par pas moins de trois albums,
rien qu’en 1974. les déjà impeccables « Nyabinghi » et « Freedom Sound » signés par le groupe et cet enivrant « Peace and Love » prêché par Dadawah, alias à usage unique pour un album sans pareil. Quatre longues complaintes, empreintes d’une insondable spiritualité.

Le temps n’a plus cours tout au long des ces impulsions organiques
et de ces harangues vouées à propager un message de liberté
et de dévotion. « Run Comes Rally » est si ferventela basse de
« Seventy-Two Nations » est mortelle, la guitare de « Zion Land »
carrément psyché et c’est bien là tout le sel de l’histoire :
rarement un disque n’aura été aussi high et aussi deep à l’unisson…

M.

DADAWAH
« Peace and Love. Wadadasow »

Suggestion of the day

Je vous avais donc quitté sur une déclaration de guerre.

Parmi tant d’autres, la fin des sixties voit imploser les Animals.
Eric Burdon, chanteur au grain soul, traverse l’Atlantique et se met
en quête d’une nouvelle troupe. Il tombe sous le charme d’une bande
de francs-tireurs à l’aise dans tous les registres.
« Eric Burdon Declares War » sort dans la foulée de concerts épiques.

Mais l’anglais, légèrement instable, plaque le collectif en plein
milieu d’une tournée. Qu’il en soit ainsi, l’équipée se poursuit, War
s’émancipe et se sublime. Si le groupe décroche la timbale l’année
suivante avec le couronné « The World Is A Ghetto », la précédente plaque, « All Day Music » est déjà une tuerie.

Les sept musiciens hissent des morceaux où groove et soul s’entremêlent et se délayent sur la durée. « Get Down » cadence au son des claquements de mains, « Nappy Head se teint d’un groove latino, les voix sur « Slippin’ Into Darkness » sont royales et à ce propos, « That’s What Love Will Do », extatique, achève littéralement.
Music all day !!!

M.

WAR
« All Day Music »

Suggestion of the day

Troisième album solo de Peter Hammill, tête pensante de Van Der Graaf Generator, et dans lequel officient d’ailleurs les autres membres du groupe, « Silent Corner… » est un classique.

Ce disque d’art-rock progressif offre sept longs morceaux et nous parle, directement ou indirectement, de Hammill lui-même, par le prisme d’une douceur infinie traversée d’intenses moments de furie
et de tension.

Moment de grâce, « Red Shift », baignée de saxophones entêtants
et parcourue de la guitare sensationnelle de Randy California,
guitar hero de Spirit.

DD.

Peter HAMMILL
« The Silent Corner and the Empty Stage »