Suggestion of the day

Hello,

je vous épargnerai, en cette journée mondiale du badinage et autres joyeusetés, la facétie de trop.
Ce dont je ne vais pas me priver par contre, c’est de célébrer
l’une des plus brillantes impostures de la musique enregistrée.

Les Rutles sont créés de toutes pièces par les joyeux drilles du
Monty Python, histoire de gentiment se payer la tête d’un petit
groupe de Liverpool qui n’a jamais vraiment percé. Ce qui
commence comme un simple pastiche se mue prestement
en album aussi carré que tordu.

Le clou du spectacle, le documentaire signé Innes / Idle, qui calque
au plus près la courte carrière des Fab Four. Parodie aussi avisée
que désopilante, “The Rutles: All You Need Is Cash”, cautionnée
par Harrison lui-même, voit défiler une flopée de guests
en roue libre.

Il faut les entendre, ces vignettes composées à la manière de,
qui auraient paraît-il, réussi à gruger quelques fanatiques
en période de manque.
Et surtout dénichez ce film et consacrez un peu de ce temps
que l’on nous octroie pour se bidonner à la maison tout en
préservant des vies.

M.

The RUTLES
“s/t”

Suggestion of the day

Vous êtes 592 à ce jour,
à recevoir cette newsletter qui revêt d’ordinaire un rythme plus
hebdomadaire.

Sans jeu de mot aucun, si vous recevez/suivez/lisez (encore) celle-ci,
c’est que vous présentez vraisemblablement une pathologie commune
à la nôtre, le virus de la musique.

Contrairement à son faux-frère qui semble être à l’origine de nos “étranges vies” et face auquel tous les acteurs ne jouent pas la même partition, notre virus à nous, nous le chérissons et ne pourrions vivre décemment sans ses effets curatifs.

Mais en ces jours hors du commun, nous avons pris la liberté
d’enfreindre votre “stay at home” au rythme d’une missive
quasi quotidienne.
Ne le prenez dès lors pas comme un envahissement unilatéral
de votre espace privé mais plutôt comme un Effet Secondaire
de Confinement (ESC – en haut à gauche sur votre clavier!).

C’est pourquoi, n’hésitez pas à nous lire/ignorez selon votre humeur
et pourquoi pas à nous répondre, cela fera notre bonheur.
Il est à l’évidence plus aisé pour certain(e)s que d’autres d’échanger
en cette période de confinement. Force est de reconnaître que ce
que nous vivons actuellement est tristement unique mais assurément
plein d’enseignements.

Fin du préambule, je me lance également…

J’ai toujours apprécié le jeu de “l’Ile déserte”.  Ces trois livres, disques, films,… à emporter dans ses ultimes bagages en destination
d’un lieu insulaire pour affronter, seul le temps qui passe.
Choisir, trancher, écarter, renoncer… pour finalement sélectionner un artiste, une œuvre témoin au final d’un ressenti totalement subjectif.

“Harvest Moon” de Neil YOUNG, donc…

Pourquoi cet album-là ? A mi-chemin d’une discographie pléthorique pas toujours qualitative mais qui sur la longueur vaut assurément d’être suivie.

Si vous le connaissez, il vous sera peut-être possible de me rejoindre
(sur une autre île, s’entend bien !) ou pas.
Mais peu importe l’adhésion en fin de compte, le plus important à mes yeux, c’est surtout d’imaginer l’une ou l’un d’entre vous, parmi ces 592, “découvrir” et pourquoi pas “apprécier” ce qui à mes modestes oreilles se dévoile comme un manifeste non négociable.

La nature humaine se nourrit de découvertes et de sentiments que
les algorithmes les plus savants et développés ne remplaceront jamais.
Attendez-nous, on vous attend,

Merci de nous suivre, courage et prenez soins de vous.

Y.

Neil YOUNG
“Harvest Moon”

Suggestion of the day

Drôle de gusse que ce Jake Holmes donc, qui avant de se reconvertir
avec succès dans la production de jingles, a co-produit deux albums
qui, dans la discographie des artistes concernés, sont autant singuliers
que de retentissants échecs commerciaux.

“Genuine Imitation Life Gazette” des Four Seasons (une extravagante
curiosité pop, croyez-le) et le “Watertown” de Frank Sinatra qui
accapare aujourd’hui toute notre attention.

Faramineux concept album, “Watertown” place un Sinatra chancelant
au cœur d’une déchirante histoire d’abandon. Sa femme se tire,
le plante avec ses deux gosses, et c’est le drame…
Comptez sur Ol’ Blue Eyes pour narrer à merveille la vulnérabilité
et le désespoir sur un tapis d’orchestrations vertigineuses
et de complaintes à la dégaine pop.

Pari raté alors? Pas le moins du monde…

Frank SINATRA
“Watertown”

Je passe la main à Yves demain et on se reparle
avec plaisir dans quelques jours.
Take care folks…

M.


Suggestion of the day

A Greenwich Village, véritable vivier d’âmes en peine, d’étoiles en
devenir et d’artistes maudits, le précédemment évoqué Tim Rose fricote avec un certain Jake Holmes.

Et lorsqu’on évoque les droits d’auteur, on est ici face à un cas d’école. Jimmy Page traîne ses guêtres à un concert de Holmes qui balance l’air de rien un “Dazed & Confused” sidérant. Le titre de Jake atterrira sur le premier Led Zep signé… Page. Il faudra quarante ans pour que son nom apparaisse dans les crédits d’une énième réédition.

Mais au delà de l’anecdote, ce qui nous importe ici, c’est que
“The Above Ground Sound” of Jake Holmes est un sacré disque
de folksongs et de ragas psychédéliques et que l’original de
“Dazed & Confused” reste inégalé.

M.

Jake HOLMES
“The Above Ground Sound of Jake Holmes”