Le Bout du Tunnel…

En ce jour particulier de fête des mamans, Dame CAROLINE est vraiment aux anges. 
Le Conseil National de Sécurité lui a offert le plus précieux des cadeaux à savoir, la permission ce lundi 11 mai, de revoir ses enfants, petits- enfants et… arrières-petits-enfants ??

Entrée en confinement en date du jeudi 19 mars, on peut vous assurer que CAROLINE a eu le temps de se faire belle pour le jour des fameuses retrouvailles.
53 jours exactement qui rappelleront aux plus anciens d’entre vous, l »hibernation commerciale » endurée fin 2012 lors de son déménagement.
Comparaison malléable tant et bien qu’il faut quand même reconnaître que ce que nous venons de vivre, on n’est pas près de l’oublier, hein ?
Donc, point de « drink de réouverture » et « petits zakouskis » de bienvenue à l’horizon de demain, vous l’aurez compris !
Nous parlons de dé-confinement et CAROLINE se veut assurément responsable.

Pour votre confort, n’hésitez d’ailleurs pas à nous envoyer vos questions et/ou demandes à info@carolinemusic-bxl.be en précisant toujours le format (Vinyle, CD, K7?) recherché.
Nous sommes et restons à votre disposition, jour et nuit.

Mais avant de vous revoir, on voudrait distribuer quelques MERCIS :

– pour votre patience et votre haine communicative envers monsieur Bezos
– pour vos encouragements nombreux et sincères, c’est fou comme cela réchauffe… (on a gardé les larmes dans un bocal !)
– de ne pas vous être « désinscrit » en masse suite à l’envahissement de votre boîte mail au cours de ces 53 jours et par la même occasion merci à Massimo d’avoir assuré la permanence « culturelle »

et bien sûr MERCI à toutes celles et ceux qui ne liront pas ceci mais qui ont été/restent/resteront « sur le front » quoi qu’il arrive…

Prenez toujours et plus que jamais soin de vous et de vos proches,

CAROLINE

CAROLINE MUSIC
« 2020, 19 mars -10 mai »



Suggestion of the day

Townes Van Zandt, est la figure culte. Le loser magnifique. Le clochard céleste. Sa gratte, sa bouteille et sa dope pour seules compagnes. Au travers de son humour, de sa carrière, de son destin, il maniait la noirceur comme personne. On parle d’un type dont la première
chanson s’appelle « Waiting Around To Die ». Qui aura toujours préféré balancer ses quatre vérités au public d’un bar miteux que dans une salle académique. Malgré un soutien d’estime de ses pairs (aujourd’hui
encore, ses ouailles sont nombreuses), le fossé lui sierra toujours un peu plus que le promontoire.

On pourrait tous les citer mais ce troisième est mon préféré. La pochette, pour commencer, est emblématique. Il y réinterprète entre autres,
quatre titres des débuts, qu’il estime enfin à leur juste valeur. Les
rengaines sont brumeuses, le ton désabusé, les textes élégiaques, le chant si mesuré. Tout y est résolument beau à se damner. Peut-être aussi celui sur lequel son talent est le mieux mis en boîte. Il y a même de la batterie sur « Fare Thee Well, Miss Caroussel », c’est dire. Et « Lungs » est sans l’ombre d’un doute, l’une de mes chansons préférées (et son cinglant épilogue « we’ll tell the world that we tried »).

Il y a dans cette musique quelque chose d’unique, presque rien de ce
que j’ai vanté dans toutes les autres tribunes. Pas d’innovations, de
psychédélisme haut en couleurs, de groove mortel, de poignantes
revendications, de brassage des genres ou de pop déviante. Juste une
ode au sort que réserve le quotidien dans ce qu’il a de plus brut, de plus tangible et de plus sincère.

Je ne pourrai être assez élogieux à l’encontre de Townes Van Zandt.
Je pense sincèrement et je ne suis pas le seul, que personne d’autre ne serait parvenu à écrire de telles chansons. J’ai d’emblée entrevu l’envie, au moment d’entamer cette série de suggestions, de faire de ce disque la conclusion cohérente d’une telle aventure.

See you on the other side, guys…

M.

« Townes Van ZANDT »
« s/t »



Suggestion of the day

Dan Treacy est un sacré coco. Un sérieux penchant pour la gaudriole, poivrot, camé, taulard à l’occasion mais surtout un putain de
songwriter. Du genre à plier 15 tubes sur 14 chansons. Sans effort.
Après une palanquée de singles dans le plus pur esprit do-it-yourself,
les Television Personalities trouvent refuge chez Rough Trade,
magasin et label autodidacte aussi minuscule que passionné.

L’égérie Twiggy et John Steed (le chapeau melon sans ses bottes de cuir) ornent la pochette de « … And Don’t The Kids Just Love It »,
premier album de la bringuebalante discographie de nos Londoniens neo-psych. Bouleversé par le punk, Pistols et Modern Lovers en tête, mais loin d’être dupe, comme en atteste le single révélateur « Part Time Punks », Treacy refusera obstinément tant les étiquettes que le succès.

Ce disque a pourtant tout du classique instantané. Des petites
vignettes chancelantes propres à faire chavirer de bonheur les
amateurs d’une pop lo-fi aussi goguenarde que jouissive. Et une
façon d’encrasser le son, certes tout autant la marque d’une
approximation néophyte que d’un postulat aquoiboniste. Pragmatique ou génialement modeste, leur troisième lp ne s’appelait
pas « They Could Have Been Bigger Than The Beatles » pour rien.

L’introductif « This Angry Silence », les implacables « This Glittering Prize », « Silly Girl », ou « La Grande Illusion » (ce cri du cœur « I Just Don’t Know What To Do… ») et les exquis « Diary Of A Young Man » et « I Know Where Syd Barret Lives » et son hilarant coup de gueule sur les oiseaux qui ne cessent de gazouiller. C’est cinglant, immédiat, dansant (sur un pied), avaient-ils leur égal pour trousser pareils manifestes ?

M.

TELEVISION PERSONALITIES
« … And Don’t The Kids Just Love It »